Environnement

L’article « Une aire marine protégée »: notre réponse point par point

By on 3 octobre 2012

L’article ci-dessus, paru dans le journal de Villefranche cet été nous interpelle vivement, nous aimerions en connaître l’auteur, car apparemment cette personne n’a pas mis la tête sous l’eau depuis bien longtemps, se contentant comme beaucoup d’autres de répéter ce qu’elle entend « au bistrot du coin ».

Nous ne pouvons laisser passer un tel message, d’autant plus que l’AARV est à plusieurs reprises directement visée. Nous ne comprenons pas cet acharnement contre nous alors que l’AARV défend une zone de Mouillages Ecologique depuis le début. Voici ci-dessous notre réponse point par point :

1) « Incivilité de certains propriétaires de Bateaux » : oui mais laisser-aller des autorités aussi !

Si nous sommes d’accord sur l’anarchie dans la rade où de plus en plus de propriétaires viennent « ancrer » leur bateau en jetant une multitude de corps morts au fond pour les tenir, il faut :
– d’une part ne pas mettre tout le monde dans le même panier
– d’autre part peut-être chercher les causes de ce phénomène, les coupables ne sont pas toujours ceux que l’on pense et la solution n’est pas simple

En effet chacun sait qu’il n’y a plus de place dans les ports de la Côte d’Azur. Il faut à l’heure actuelle entre 10 et 20 ans d’attente pour mettre son bateau dans le port (et encore à condition que dans 10 ou 20 ans on ne nous dise pas qu’il faut attendre encore… 10 ans !
C’est donc le manque de place dans les ports qui est la principale cause de l’anarchie dans la rade de Villefranche. Donc les bateaux mouillent une ancre dans un premier temps, le bateau dérape… puis ils rajoutent des corps morts pour tenir faute de quoi ils vont sur les rochers. La plupart des propriétaires voudraient se mettre en conformité avec la loi… A condition que l’Etat ou la Mairie leur permette, ce qui malheureusement n’est pas le cas, il y a carence des élus et de l’état.
Bien évidemment certains propriétaires de bateaux font preuve d’incivilité, ils abandonnent plus ou moins leur bateau (la plupart du temps par la difficulté d’y accéder). Là aussi, l’État ne joue pas son rôle car contrairement aux voitures il n’existe aucune structure de type « fourrière ».

C’est pour cela aussi que les autorités ne se gênent pas pour amener des bateaux abandonnés retrouvés en haute mer dans la rade de Villefranche.
– nous avons plusieurs photos et vidéos, montrant des bateaux qui avait été volés, ou bien retrouvés au large, pris en charge par les affaires maritimes, la gendarmerie ou les sapeurs-pompiers qui les ont mis au mouillage dans la Rade.
le grand trimaran Karukera qui se trouvait dans les rochers de la digue de l’aéroport a été ramené dans la rade aux « Marinières » et abandonné pendant des mois jusqu’à ce qu’il coule, triste image pour la rade de Villefranche.
Chacun doit commencer par balayer devant sa porte.

Il faut dire aussi que en bord de mer c’est l’anarchie complète il y a qu’à voir à GRASSEUIL et à l’ESPALMADOR où chaque riverain a construit son ponton et sa terrasse sur l’eau. Des ports privés se mettent en place ou s’agrandissent sans renouvellement d’A.O.T. Mais il y a aussi les jet ski, scooters, skieurs nautiques qui s’en donnent à coeur joie, à fond, entre les bateaux dans la bande limitée à 5 nœuds, les navettes des paquebots qui marchent entre 7 et 8 nœuds régulièrement, les yachts mouillant en zone interdite (entre les 2 coffres ) et sur les zones archéologiques, le gros bateau pour les touristes qui passe à l’intérieur des bouées tout le long du Cap et enfin la zone d’écopage des hydravions qui n’est pas respectée en faisant planer le danger sur les pilotes, les plaisanciers, la ville, en cas de défaillance d’un moteur.

Et dire que l’on nous fait des histoires pour des annexes bien alignées sur une chaîne contre le mur sur un quai à Rochambeau, quai que nous entretenons journalièrement d’ailleurs.
La Mairie préfère clairement s’attaquer aux petits poissons qu’aux gros…

2) « Certains (propriétaires) se sont organisés… pour amarrer leurs bateaux grâce à un bricolage aussi dangereux qu’anarchique »: Parle t’on de l’AARV ?

Nous avons la désagréable impression que la Mairie avec l’aide des AF/MAR cherche continuellement à nous éliminer alors qu’il serait beaucoup plus efficace de s’appuyer sur nos propositions techniques pour la mise en place d’un projet de mouillages propres. Et ce d’autant plus, qu’on nous le promet depuis 15ans déjà. Combien y a t’il eu de grandes déclarations sans suite sur ce sujet ?

Nous notons dans cet article que, bizarrement, c’est surtout notre association qui semble être visée, c’est un comble. En effet le paragraphe sur les chaînes ne laisse aucun doute. Cela mérite une explication : en effet, contrairement à tous les navires mouillant dans la Rade qui n’ont qu’un point d’ancrage devant, et qui en évitant, déciment les posidonies et surtout les grandes nacres, l’AARV tient les bateaux devant et derrière sur des chaînes bien fixées au sol par des ancres surdimensionnées, ce qui fait que les chaînes immobiles sont inoffensives pour la flore et la faune marine.
Quant aux risques d’échouage, nos bateaux ont étalé de grosses houles et tempêtes d’hiver sans dommage, contrairement à ceux même dans les ports. Nous n’avons pas de leçons à recevoir dans ce sens.
Concernant les frais afférents, tous nos bateaux sont assurés et si un problème arrivait, cela ne coûterait rien aux contribuables.

Ne nous amalgamez pas svp avec le trimaran que les autorités ont amené aux marinières et qui a coulé ainsi que le gros chalutier qui est toujours au fond des marinières malgré les annonces fracassantes.
Ne pas confondre non plus avec tous les bateaux plus ou abandonnés devant la plage de la darse.

Notre association va bientôt avoir 10 ans. Elle a été créée à la suite d’une action des affaires maritimes non concertée. Nous ne sommes pas des « pirates » ni des « squatteurs ». Bien au contraire, depuis 2003, nous n’avons pas cessé de proposer des solutions. Comme détaillé dans le dernier point ci-dessous, nous avons proposé nous mêmes de financer entièrement UN PROJET PILOTE, projet de mouillages à l’année écologique et sûr, d’une quarantaine de mouillages, permettant d’accueillir les visiteurs toute l’année, et éviter de transformer la rade en parking à bateaux.

Les webcams, en lien sur notre page d’accueil mises en place par l’AARV sont à notre connaissance les seules caméras panoramiques de la commune (3 vues splendides de la Rade, de la vieille ville et une côté Beaulieu) et contribuent à développer le tourisme et à faire connaître Villefranche du monde entier ! Elles sont aussi utiles à la pilotine du Port de Nice, qui doit amarrer les paquebots et lui permettent de voir d’un coup d’oeil si la zone est libre. Nous en avons même placé une en direction de notre flotte pour la surveiller 24H/24, ce qui est un atoût pour un futur projet de ZMEL. Nous n’avons pas vraiment l’impression d’abandonner nos bateaux !!

3) « Les chaines ajoutées détruisent les fonds marins et notamment la posidonie tout en permettant la prolifération de la caulerpa taxifolia »: la verité sur la situation au fond de l’eau s’impose

Si l’auteur de cet article avait mis la tête sous l’eau, il verrait qu’il aurait du mal à trouver un seul brin de Caulerpa dans la baie de Villefranche. En effet la caulerpa a cessé d’inquiéter les milieux scientifiques …depuis un bon moment !! Tous les scientifiques s’accordent à reconnaître qu’elle n’est plus un danger pour les posidonies.

De plus, comme décrit dans le paragraphe précédent, notre association a développé un mouillage à la fois devant et derrière sur des chaînes bien fixées au sol par des ancres surdimensionnées ce qui fait que les chaînes sont inoffensives pour les posidonies. La preuve en est que les grandes nacres, véritables filtres sous-marins, s’installent à 5 cm des chaînes sans être dérangées, ce qui confirme bien que nous préservons parfaitement les fonds sur notre zone. Les posidonies souffrent en fait beaucoup plus des opérations d’engraissement des plages : il suffit de voir une photo aérienne pour s’apercevoir qu’aux abords des plages, elles ont disparues.

Pour les zones vaseuses comme aux Marinières, l’AARV a proposé en 2005 sa propre invention, le corps-mort écologique , qui propose un abri à poissons sous les corps morts. Depuis, ce corps-mort écologique a été copié sur des centaines d’hectares aux Caraïbes…

Enfin, nous rappelons que nous avons assaini notre zone dans la Rade en 2009, avec le soutien du conseil général. Bien que limitant les membres volontairement, notre sélection se compose d’une douzaine de plongeurs chevronnés, de 3 compresseurs de plongée, d’une douzaine de bouteilles de plongée, de deux bateaux de travail, de caméra et appareil photo sous marins, de parachutes de levage pour nettoyer les fonds, de quoi assurer largement l’entretien de la zone.

A ce sujet, nous avons débuté une grande opération de nettoyage depuis début octobre sans l’aide de personne. Dans ce sens nous avons filmé tous les bateaux amarrés sur des corps-morts de toutes sortes et nous allons diffuser les photos de ces bateaux. De même, il y a des bateaux échoués depuis plusieurs mois, les propriétaires n’ont jamais rien fait pour les sortir, nous allons divulguer les noms des coupables, photos à l’appui.

4) « La municipalité de Villefranche-sur-Mer en collaboration avec les affaires maritimes a entrepris de créer une zone maritime protégée d’ici l’automne » : une annonce systématiquement proclamée …depuis 15 ans, et rien n’a bougé !

Depuis 1997, la mairie de Villefranche a annoncé qu’elle allait mettre en place des zones de mouillage. Nous précisons que nous sommes la seule association qui applaudit à ce genre de structure, à condition toutefois que ce ne soit pas pour faire de l’argent mais pour protéger les fonds marins et pour arrêter l’anarchie dans la Rade.

Un rappel des principaux faits depuis 10 ans s’impose :
Notre association, qui a 10 ans maintenant, a été créée à la suite d’une action des affaires maritimes non concertée.
Nous avons aussitôt réagi :
– en demandant des places dans tous les ports de la région : la réponse a été claire, entre 15 et 20 ans d’attente.
– voyant cela, nous avons fait des demandes d’A.O.T. En proposant de payer au trésor public une taxe « foncière » (ce qui est tout à fait normal), la réponse est la même depuis 10 ans: des zones de mouillage organisé vont être mise en place !!
– face à l’incapacité de la mairie à faire une zone de mouillage, nous avons déposé en août 2003, puis en juillet 2005 un projet de mouillages à l’année écologique et sûr, à la préfecture, projet qui avait reçu l’assentiment des affaires maritimes.
– à la suite de cela, (mais toujours hors délai de priorité) la mairie propose un vague schéma, vite rejeté par le directeur des Affaires Maritimes de l’époque qui avait même conseillé à la Mairie de se référer à notre projet s’ils voulaient qu’il l’instruise !

Nous rappelons la loi littoral, décret du 22 octobre 1991, qui dit que la mairie dispose de trois mois pour faire valoir son droit de priorité et qu’elle a six mois pour déposer un projet complet à la préfecture. Nous remarquons que dans le délai de trois mois après la mairie de Villefranche n’a pas fait valoir son droit de priorité, et bien sûr dans les six mois n’a pas présenté de projet dans ce sens. Nous nous réservons le droit d’ores et déjà d’attaquer au Tribunal Administratif en invoquant cet article tout projet qui ne correspond pas à l’intérêt commun.

Nous faisons remarquer que le projet de 2005 était un projet pilote, que l’association AARV finançait entièrement cela ne coûtait pas un sou au contribuable. Au contraire, nous versions à terme 12 000 € au trésor public par an (en comparaison le projet du SIVOM quelques années après a proposé 3800 € par an pour 380 places).

C’est à ce moment là que le maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat s’est associé au maire de Villefranche (le maire de Beaulieu a refusé d’y participer) pour créer une énorme zone sur toute la Rade et autour du Cap par le biais du SIVOM. Nous savons tous ce qu’est devenu ce projet, enterré par le préfet, qui a coûté 90 000 € pour les études seulement et qui était à hauteur de 3 millions d’euros sans aucune précision quant à la sécurité et la tenue des navires au fond. Quel gâchis alors que nous avons proposé à maintes reprises notre concours gracieux !

Voyant cela et et constatant que malheureusement nous n’arrivions pas collaborer avec la Mairie de Villefranche, nous avons proposé au Conseil Général un projet complet. Nous avons proposé parallèlement notre collaboration technique. Cela a eu l’air d’intéresser vivement le C.G. Cerise sur le gâteau ce projet a la possibilité d’être entièrement financé par l’Europe comme cela a été fait en Espagne, notamment aux Baléares…
La seule condition est que les bouées doivent être gratuites, afin d’inciter le mouillage sur bouée pour protéger les posidonies. Cela semble la solution idéale pour tous, surtout en temps de crise ! Bizarrement les élus n’ont pas l’air intéressés par cette option !!! Cela voudrait-il dire que nous avions raison d’annoncer depuis le début que ce qui motive nos élus est plus le rapport que cela engendre que… la préservation des posidonies, qui ne serait finalement qu’un prétexte ?

Nous précisons aussi que nous ne tenons pas spécialement à gérer ce genre de structure (bien que partout en France, ce sont majoritairement les associations qui gèrent les ZMEL.

Enfin, il est crucial que ce projet soit prévu à l’année, pas uniquement pendant la période estivale. Nous avons développé le sujet à maintes reprises : la Rade de VIllefranche est un cas spécifique, contrairement à d’autres lieux, car la rade est un abri sûr et fréquenté toute l’année. Les zones de mouillage à l’année s’imposent donc pour plusieurs raisons évidentes: tout d’abord, d’un point de vue économique, le coût du démontage /remontage et stockage des installations. Ensuite, qui va empêcher l’anarchie dès l’enlèvement des bouées (avec le risque d’arrachement des ancres à vis) ? Enfin, imaginez un seul instant la Rade sans bateau!!! Impossible, elle ressemblerait à tant d’autres rades, les bateaux toute l’année c’est la cerise sur le gâteau de la Rade de Villefranche !

CONCLUSIONS

En résumé, nous n’avons pas vraiment l’impression d’être les pires ennemis de la mer ou des posidonies… bien au contraire, nous pensons bien représenter notre appellation d’AMIS de la Rade ! Alors que nous sommes la SEULE association à militer POUR une Zone de Mouillages Organisée, on préfère utiliser une REGLEMENTATION MARITIME DEPASSEE, qui justifie notamment que nous soyons très souvent dans le collimateur des Autorités.

Alors qu’attend on pour enfin avancer sur ce projet de Mouillage Organisé (ou ZMEL) ? A notre grand étonnement, nous avons noté qu’un très grand nombre de nos remarques étaient bien présentes dans un rapport récent sur la « Stratégie Méditerranéenne de Gestion des Mouillages des Navires de Plaisance », éditée par la Préfecture Maritime PACA. Nous avons tout d’abord constaté que cette politique de répression contre les petits plaisanciers n’est pas employée ailleurs… alors que ça marche beaucoup mieux! Nous remarquons aussi que les recommandations de concertation et collaboration avec les acteurs locaux (associations en particulier) reviennent de manière récurrente. A Villefranche, on nous considère comme des empêcheurs de tourner en rond, on est loin du compte! Enfin, il suffit de relire le document que nous avons réalisé lors de la présentation du projet de ZMEL du S.I.V.O.M, pour retrouver plusieurs de nos suggestions.

Nous comptons beaucoup sur le (ou la) remplaçant(e) à la Directions des Affaires Maritimes / DDE pour mettre un peu d’ordre, réunir les vrais spécialistes et les élus pour enfin arriver à trouver une solution à ce problème récurent.

En ce qui nous concerne nous sommes évidemment prêts à nous réunir autour d’une table avec tous les intéressés, usagers et pouvoirs publics si c’est dans un but constructif.

 

Lien vers l’article complet du Journal de Villefranche-sur-Mer sur la mise en place d’une « Aire Marine Protégée »
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